C’est le cœur lourd mais rempli de gratitude que nous souhaitons lui rendre hommage. Ancien technicien à l’Institut de l’Elevage, Laurent a œuvré et passé sa vie au service des races bovines locales qui ont bien failli disparaître. Du Vercors à la Bretagne, des Pyrénées à la Lorraine en passant bien sûr par l’Auvergne, il a tout fait pour que ces races ne soient pas seulement dans des livres d’histoire, mais bien dans nos campagnes, au service d’une agriculture paysanne.
Nous venons d’apprendre le décès, il y a quelques jours, de Laurent Avon, et c’est le cœur lourd mais rempli de gratitude que nous souhaitons lui rendre hommage. Ancien technicien à l’Institut de l’Elevage, et alors qu’une formation initiale en droit ne le laissait pas présager, Laurent a œuvré et passé sa vie au service des races bovines locales qui ont bien failli disparaître. Du Vercors à la Bretagne, des Pyrénées à la Lorraine en passant bien sûr par l’Auvergne, il a tout fait pour que ces races ne soient pas seulement dans des livres d’histoire, mais bien dans nos campagnes, au service d’une agriculture paysanne.
Sa passion et son engagement l’ont parfois conduit, pour sauver un troupeau, à acheter lui-même des animaux, en attendant de trouver des éleveurs pour les reprendre. Et sa disparition elle-même est intervenue alors qu’il était en chemin pour rendre visite à un éleveur de vaches Villard-de-Lans.
Si la race Ferrandaise compte aujourd’hui près de 3 600 femelles, ce n’est pas le fruit du hasard, c’est bien grâce au travail de passionnés, qui n’ont rien lâché et qui se sont serrés les coudes pour la faire renaître. Pour chacune de nos races, quelques figures d’éleveurs dominent dans l’histoire de leur sauvegarde, mais si la sauvegarde des races locales dans leur ensemble ne devait être associée qu’à un seul nom, c’est bien à celui de Laurent.
Tous, éleveurs comme animaux de ces races, nous lui devons beaucoup. Mais au-delà, c’est bien l’ensemble du monde de l’élevage, qui même s’il n’en a pas toujours conscience, lui est et sera redevable. Que ce soit pour des questions de biodiversité domestique, que ce soit pour permettre une meilleure autonomie des systèmes d’élevage grâce à la rusticité des animaux, c’est bien ce travail de sauvegarde, mené par Laurent avec les éleveurs qui le permet ou le permettra.
Avec son décès, le vieil adage africain disant « qu’avec la disparition d’un ancien, c’est toute une bibliothèque qui brule » prend par ailleurs tout son sens. Laurent était en effet un puits de connaissance, sur nos races, leurs histoires respectives, et jusqu’aux lignées des animaux, mais au-delà, également sur les races bovines de toute l’Europe.
Au revoir Laurent. Te dire merci me semble bien dérisoire. Nous ne t’oublierons pas. Et nous ferons en sorte que les nouveaux éleveurs apprennent qui tu étais, et ce que nous te devons tous.
Alain, au nom de l’ensemble des éleveurs de Ferrandaises.